27/11/2014

Interview de Claude Boulanger-Reijnen, Réprésentant du Conseil Départemental APF du Val-de-Marne

 

Jeune stagiaire à la Délégation Départementale, Seydoux Wele rencontre Claude Boulanger lors d'une réunion des militants organisée le 25 Août. Les questions fusent, un lien se créé...

Bonjour Claude,

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Les adhérents qui vous rencontrent, n’ont souvent qu’une connaissance partielle de vos engagements associatifs.

Et, tout d'abord, depuis combien d'années êtes-vous engagé auprès de la Délégation du Val de Marne?

J’ai fait connaissance avec l’APF très concrètement dans la période 2003-2004, lorsque je me suis rendu à la délégation départementale alors dirigée par Soraya Cardinale, pour une problématique concernant l’accessibilité de la piscine de Nogent sur Marne à laquelle je ne pouvais pas accéder.

Pour information, en 2014, c’est toujours le cas.

Quels mandats exercez-vous aujourd’hui?

J’exerce mes responsabilités au travers des mandats pour lesquels j’ai été élu. En résumé, je suis donc à l’APF le représentant du conseil politique départemental du Val de Marne et de la région Ile de France, membre du Conseil Économique Social et Environnemental d’Ile de France (C.E.S.E.R.), membre du Conseil des partenaires économiques et sociaux de la mission de préfiguration de la Métropole du Grand Paris au sein de laquelle je représente les intérêts des personnes en situation de handicap en Ile de France, vice-président du C.D.C.P.H, membre titulaire de la commission exécutive de la M.D.P.H. du Val de Marne, vice-président de la C.D.A.P.H, membre de la C.R.S.A.-A.R.S. Ile de France.

Doit-on parler de cumul de mandats pour vous aussi ?

Tout à fait !  L’une des grandes difficultés à laquelle est confrontée la majorité des représentants de l’APF, c’est celle de nous réunir tous pour travailler sur les textes législatifs, leur compréhension, la transmission des savoirs et des compétences, apprendre et questionner le fonctionnement des collectivités territoriales, rencontrer les élus, négocier politiquement.

C’est pourquoi, la formation des représentants des secteurs associatifs, qui siègent dans des instances consultatives et décisionnaires républicaines, dans les départements, les régions, à l’échelon national est vitale.

Bon nombre de mes collègues siégeant dans les organisationsassociatives, quelles soient ou non gestionnaires d’établissements, sont concernés par ces mêmes difficultés.

J’essaie simplement de faire ce que je peux, alors que la culture de l’altruisme ne se résume pas à un cumul de mandats !

C’est aussi une marque de reconnaissance au regard des compétences, sur des bilans d’actions, lors des élections, et je préfère retenir cette marque de bienveillance à mon attention.

Uniquement si je suis efficace !

Quels sont les projets en cours, pour 2015, alors que «  Démocratie Ensemble » au sein de l’APF a maintenant dix années ?

Nous sommes dans une phase de transitions organisationnelles, tant au niveau des structures médico-sociales que des forces associatives représentées par les instances du mouvement.

Les conseils départementaux doivent continuer à s’émanciper politiquement, soutenir la création et le développement des comités d’adhérents APF dans les communes, une idée que j’ai eue il y a plus d’une année.

Le conseil politique APF de la région Ile de France (22 en France), doit nécessairement évoluer démocratiquement vers un positionnement stratégique utile aux intérêts économiques et politiques régionaux, grâce à la mise en place d’une articulation efficiente et collaborative que j’ai proposée avec d’autres élus en France au mois de juin dernier, avant notre assemblée générale qui a eu lieu à Amiens.

En 2015, les conseils politiques APF départementaux et régionaux en 2016, seront renouvelés, et j’espère que d’ici ces échéances, ces deux propositions seront adoptées avec clairvoyance, pour l’avenir de la participation des adhérents, des élus.

N’est-il pas temps de bouger quelques lignes en prenant en compte l’histoire des hommes et des femmes qui ont contribué à notre organisation ?

Vous qui avez été élu par vos pairs, Représentant Départemental, quelles sont vos ambitions pour l’avenir de la délégation du Val de Marne, et au-delà pour l’Ile de France, quelle place pour les citoyens dans la future Métropole du Grand Paris ?

Je veux, en premier lieu, souligner le rôle fondamental, le socle de l’accueil social, associatif que représente une délégation départementale dont l’animation actuelle doit perdurer pour assurer une proximité territoriale, dans le département, dans les communes.

Une délégation départementale, reçoit des personnes, des familles, sans notifications de la MDPH d’ailleurs, pour accueillir, conseiller, orienter, rassurer, épauler dans le quotidien des citoyens souvent isolés après la survenance d’un accident, d’une maladie. 

Peu d’élus dans les communes, connaissent ce rôle fondamental de l’accueil associatif, car bien souvent, nombre de personnes, avant d’affronter une administration viennent se renseigner au sein de la délégation à Créteil….avant d’aller à la MDPH.

Si l’animation associative doit demeurer locale, c’est notamment pour les ressources associatives en lien avec les collectivités, grâce aux projets des comités d’adhérents APF dans les communes.

Pour parvenir à des co-financements de projets locaux, épauler l’action locale des bénévoles, nous devons veiller à ce que des compétences professionnelles spécialisées se développent et confirment les financements nécessaires.

Les communes se rassembleront de plus en plus et ne disparaîtront pas, le département qui comprendra plusieurs territoires ne disparaîtra pas non plus, d’où la nécessité évidente d’une délégation départementale bien implantée.

Quels seront les impacts de l’ordonnance des AD’AP parue le 25 septembre dernier, alors que quelques décrets d’applications sont déjà parus ?

Nous devrons vérifier, évaluer, valider, les conditions de la mise en place de ces programmations dans le département avec le concours des services du préfet, des futurs élus du Conseil Général, des élus des intercommunalités.

La question des dérogations a été envisagée, traitée de manière « pragmatique », et nous serons vigilants quant à ce pragmatisme circonstancié, qui interpelle énormément nos adhérents, les familles, la jeunesse, quant aux possibilités d’accéder à un logement, à un établissement de formation professionnelle avec des formations en lien avec le monde économique du 21ème siècle par exemple, aux lieux culturels publics et privés.

Néanmoins, une question demeure à ce jour. C’est la nouvelle configuration des commissions qui auront à traiter des dossiers déposés, sachant que la traçabilité de la qualité des projets présentés et réalisés, a souvent été imparfaite par le passé.

Je pense notamment aux élus de certaines communes en Ile de France, réélus depuis 2002, c’est-à-dire avant la loi du 11 février 2005, et qui auront attendu 2014-2015, pour songer à programmer une accessibilité qui soit permise à toutes et tous.

 N’oublions pas non plus que la Commission Consultative de l’évaluation des normes (CCEN), a prononcé majoritairement, un avis défavorable à l’ordonnance des AD’AP, précisant, je cite de mémoire, que « l’encadrement législatif et réglementaire constitue un frein à l’atteinte de l’objectif d’accessibilité de la loi du 11 février 2005 ».

Je souligne que cet avis n’a pas été publié le 1er avril !

Enfin, dernière question, comment parvenez-vous à maintenir un rythme aussi élevé des contributions politiques avec tous vos mandats et un équilibre avec votre vie familiale et professionnelle ?

Vous savez, lorsque l’on circule sur quatre roues, ce qui est mon cas, la donne est assez simple quand vous parlez d’équilibre. Je pense, au nombre de fois, encore, où je franchis des « petits obstacles » en deux roues, alors que les passants me demandent si « ça va aller » !

Le plus important c’est de bien dissocier les différents investissements que chacun  réalise dans sa vie . Représenter bien humblement les personnes handicapées et leurs familles n’est pas le moindre d’entre eux alors que j’ai constamment en tête, comme d’autres responsables associatifs de la société civile, l’énorme confiance que l’on me partage quotidiennement. Cette chaleur des solidarités entre tous, renforce la nécessité d’ouvrir toutes les portes aux jeunes personnes en situation de handicap qui veulent s’investir pour des causes citoyennes et justes, de partager ces engagements,de  transmettre ces envies, ces missions politiques et citoyennes.

Avec Pascal Martin, le directeur de délégation et son équipe, Isabelle Duault et les élus du Conseil Départemental, avec l’aide des bénévoles, nous maintenons un effort constant par la mise en place d’actions mobilisatrices avec les comités d’adhérents !

A cet égard, permettez-moi d’ajouter que l’année 2015 verra une intensification des actions collectives, car la circulaire du premier ministre du 4 juillet 2013, consécutive à d’autres, sur l’inclusion des personnes en situation de handicap ne signifie aucunement « circulez y a rien à voir ».

Nous nous attacherons donc, avec la mise en place des comités d’adhérents APF dans les communes du Val de Marne, j’espère en Ile de France et pourquoi pas dans toute la France, avec les élus des  communes, les intercommunalités où c’est possible, quelles que puissent être les sensibilités partisanes, à construire et pérenniser une relation citoyenne dans le respect des droits de chacun pour le bien vivre ensemble dans la cité, dans le département, en région Ile de France…..sans oublier la Métropole du Grand Paris.

Je conclurai donc, en disant, que peut-être, notre société sera-t-elle finalement accessible avant les J.O. 2024 et l’exposition universelle 2025 !

 C’est pourquoi nous avons besoin de tous les jeunes, pour continuer à agir dans la cité et par exemples pérenniser nos relations avec les conseils municipaux des jeunes ou le conseil général des jeunes du département du Val de Marne.

Il est  inadmissible qu’en 2014, nous soyons dans l’obligation de rappeler, de nous battre quotidiennement pour des thématiques inclusives qui relèvent du bon sens, de la programmation de l’utilisation des moyens.

Nous saurons être attentifs à la simplification des normes dans les instances au sein desquelles nous délibérerons, en évitant l’instrumentalisation classique….. « des normes de concertation » !

Interview réalisé par Seydou Wele

 

 

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